Le Télégramme | Flore Limantour | 08 février 2018
 
Le Canada exerce une forte séduction sur les entrepreneurs bretons. Mais Bretagne commerce international met en garde les patrons contre les idées fausses sur les marchés outre-Atlantique. Voici les bons conseils du spécialiste Olivier Reffo de Rézoway.
 
Quelles sont les idées fausses qui reviennent le plus souvent chez les entrepreneurs français ?
Il y a deux erreurs classiques. Tout d'abord, de penser que ce qui n'existe pas déjà au Canada va forcément marcher. Sans s'interroger sur les réalités qui sont très différentes. Les forfaits téléphoniques par exemple sont très chers, on ne peut pas proposer les mêmes services. Le Canada a, faut-il le rappeler, sept mois d'hiver. Alors certaines formules de mobilité n'intéresseront personne. Les consommateurs y sont très jeunes, car les Canadiens commencent à travailler beaucoup plus tôt et ils ont très vite leur indépendance financière... L'autre erreur fréquente est de penser que ce sera facile puisqu'au Québec, on parle le français. Alors que les modes de vie sont très différents. Attention la « pensée magique » ne fonctionne pas !
 
Rézoway est agréé par BCI pour aider les Bretons à s'implanter ou à exporter vers les Canada. Comment les conseillez-vous ?
Notre propos est de démystifier le Canada. Nous leur conseillons de faire profil bas en arrivant, de localiser leur offre et de montrer qu'ils sont susceptibles de jouer un rôle dans la société canadienne. Selon l'activité de l'entreprise, nous fournissons des données sectorielles. En ce moment, l'innovation dans le domaine de la santé, les instruments et les équipements intéressent les Canadiens. Les process, les machines, l'innovation technologique dans l'agroalimentaire sont aussi très recherchés. Tout comme les produits du terroir. On peut citer aussi les machines de traitement de l'eau, les outils pour améliorer la productivité des ports... Les Français ont une carte à jouer dans le domaine de l'intelligence artificielle. Tous les savoir-faire techniques et technologiques sont appréciés. À noter cependant que les salaires étant bas, les entreprises canadiennes ne cherchent pas à gagner en productivité de ce côté-là.
 
Quelques exemples d'entreprises qui ont sauté le pas ?
Nous accompagnons actuellement Décathlon qui avance avec prudence. Car on a l'exemple de la chaîne de magasins américaine Target qui a dû repartir au bout de deux ans pour n'avoir pas fait l'effort de s'adapter au marché local. Mais il n'y a pas que des grosses sociétés à tenter leur chance. Une petite entreprise, Devisubox, qui produit des films et time-lapse à partir d'images de haute définition, s'est implantée en 2016. De notre côté, nous avons mis en place un centre d'affaires qui est susceptible d'accueillir les entreprises pendant leurs trois premières années. Actuellement, elles sont une trentaine dans des secteurs extrêmement aussi variés que les connecteurs électroniques, la défense, le matériel d'équitation ou les buteurs de haute précision...
 
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