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Canada-Europe : pendant que la politique négocie, les entreprises avancent déjà

Alors que Bruxelles et Ottawa esquissent un statut inédit de « membre associé », la Chambre de commerce France-Canada rappelle, dans une tribune publiée dans Les Echos, que la relation économique franco-canadienne n'a pas attendu cette annonce pour produire des résultats : CETA, investissements croisés, coopération renforcée dans la défense et le numérique. Reste maintenant à transformer cet élan politique en contrats.

Publié et mis à jour le 22 septembre 2026
3 min.
Canada-Europe : pendant que la politique négocie, les entreprises avancent déjà

Cette lettre a été publiée dans Les ECHOS le 22 sept. 2026 : Rapprochement UE-Canada : « La France peut devenir une porte d'entrée privilégiée pour les entreprises canadiennes »

Canada-Europe : une annonce historique, et déjà des occasions d'affaires à saisir  
L’annonce faite le 16 septembre par Ursula von der Leyen d’ouvrir la voie à un statut inédit de « membre associé » de l’Union européenne pour le Canada marque une nouvelle étape dans le rapprochement transatlantique. Le lendemain, devant le Parlement européen, le Premier ministre Mark Carney a accueilli favorablement cette ambition, qu’il a inscrite dans la perspective plus large d’une « Alliance pour l’avenir ». 
Les contours juridiques et institutionnels restent à définir, mais pour les entreprises françaises et canadiennes, le cadre pour agir existe déjà et produit des résultats mesurables : dans la diversification des marchés, la résilience des chaînes d’approvisionnement et la construction de capacités stratégiques communes.  
Depuis l'entrée en application provisoire de l'Accord économique et commercial global entre l'Union européenne et le Canada (AECG, ou CETA en anglais) en 2017, les échanges de biens et de services entre les deux partenaires ont en effet progressé de 80 %, pour atteindre 130 milliards d'euros en 2025. La France affichait par ailleurs un excédent de 1,1 milliard d'euros dans les services en 2024. 

Des échanges bilatéraux aux projets et investissements concrets 
Au-delà des discussions sur le statut à venir, la relation économique franco-canadienne a une vraie profondeur avec des résultats concrets. Plus de 350 filiales et succursales canadiennes sont déjà implantées en France représentant 37 000 emplois. Cette présence continue de se renforcer avec 56 nouveaux projets d'investissement canadiens recensés en France en 2025. Aujourd’hui, le Canada est devenu le 3e pays non européen en nombre de projets d'investissement en France.  
Derrière ces chiffres, des décisions très concrètes : l’Ontarienne Cohere a choisi Paris pour renforcer son développement européen dans l’intelligence artificielle, tandis que l’entreprise québécoise Lallemand poursuit son expansion en France. Le mouvement est tout aussi visible dans l'autre sens. Airbus et Alstom disposent au Canada d'implantations industrielles majeures sans compter Mistral qui a annoncé son intention d’ouvrir un bureau à Montréal.  
On le voit : ces chaînes de valeur franco-canadiennes existent déjà. Le pari, aujourd’hui, est de leur permettre de changer d'échelle. 

Le terrain s'élargit : défense, données, énergie 
Dans son discours, le Premier ministre Mark Carney a placé la diversification et la résilience collective au cœur de la relation Canada-Europe. Il a notamment identifié les minerais critiques, les capacités industrielles de défense, l’intelligence artificielle, la puissance de calcul, la sécurité énergétique et l’espace parmi les secteurs appelés à faire l’objet d’une coopération renforcée. 
Dans la défense, le Canada est devenu le premier pays non européen à participer à SAFE (Security Action for Europe), ce programme ouvrant de nouvelles perspectives de coopération industrielle et d'acquisitions communes. Dans le numérique, l'Union européenne et le Canada ont lancé en mars 2026 les négociations d'un Digital Trade Agreement, destiné à compléter le CETA et à adapter le cadre commercial aux nouveaux enjeux de l’économie numérique. 
Le sommet UE-Canada des 29 et 30 octobre 2026, à Montréal, constituera une nouvelle étape pour faire progresser ces différents chantiers. 

France-Canada : transformer l'élan politique en dynamique d'affaires 
Dans ce nouvel environnement, la France peut devenir une porte d'entrée privilégiée vers l'Europe pour les entreprises canadiennes, grâce à son tissu industriel et à son accès au marché unique. Réciproquement, le Canada reste pour les entreprises françaises un marché stratégique en Amérique du Nord, pour diversifier leurs débouchés et leurs chaînes d'approvisionnement. 
Mais une ambition politique ne se transforme pas mécaniquement en croissance. Entre une déclaration institutionnelle et une implantation réussie, il faut identifier les bons partenaires, comprendre les marchés et sécuriser les investissements. C'est précisément le rôle des réseaux économiques franco-canadiens : à la Chambre de commerce France-Canada, notre ambition est de faire en sorte que ce rapprochement politique se traduise en investissements, en implantations et en contrats. 
Le CETA a créé le cadre. SAFE et le commerce numérique ouvrent de nouvelles perspectives.  
Les entreprises, elles, n'ont pas à attendre pour agir. 

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